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Dimanche 9 juillet 2006 7 09 /07 /2006 18:57
Nous sommes en l'an de grâce 2003. Groupe aux influences résolument punks, AFI (A Fire Inside) surprend en nous lâchant un album qui fera de lui l'un des fondateurs de l'emo-core. Produit par Butch Vig (producteur du Nevermind de Nirvana et membre de Garbage), Sing the Sorrow, album totalement novateur hissera AFI parmis les plus grands. Entre moments hardcore et plus calmes, le groupe évite les clichés, ayant définitivement trouvé son propre style. Cloches lourdes, cris de haine ou de désespoir, passages electro,... Un alliage parfait !

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Le CD commence sur un morceau qui nous plonge directement dans un univers à part, un univers froid et mortel, à un croisement entre différentes époques. Miseria Cantare-The Begining commence par des sons et une musique electro, avant que la batterie implacable ne prenne le relais, à laquelle se mélange les choeurs et les cloches. Puis arrive le chant, qui s'accorde parfaitement aux éléments déjà en place, de même que les guitares et la basse. Ce qui n'avait l'air que d'une simple intro (tout de même majestueuse) se transforme peu à peu en une véritable chanson.
The Leaving Song Pt. II
est un génial mix entre couplets emo dans lesquels des murmures féminins font leur apparition, refrains où prédominent les choeurs, et un break fantômatique et puissant. Un titre puissant qui annonce la couleur. La suite se fait plus rapide avec Bleed Black. Techniquement plus simple, ce morceau surprend par son break et son outro, l'un totalement calme, l'autre reprenant le rapide refrain.
On repart dans le mélancolique avec Silver and Cold, qui débute sur des des bruits de pluie et d'orage et une petite mélodie au piano. Les paroles déchirantes s'allient prafaitement à la musique puissantes et aux choeurs clamant la douleur du groupe.
Dancing Through Sunday
nous fait bondir sur place : un morceau bien punk dans les règles de l'art, ou les choeurs sont vraiment indispensables.
Girl's Not Grey est dans la même veine que Bleed Black, et on apprécie en plus les petites touches electro posées dans le break.
Death Of Saisons
est l'exemple parfait de ce que peut véritablement être l'emo-core : intro à la basse sur voix criarde, soutenue ensuite par des riffs surpuissants... on vire très vite dans le punk-hardcore avant que ne surgissent les premières electro qu'on croirait tout droit sorties du meilleur de Prodigy ! On repart vite dans le hardcore, puis surgit un break assez hors du commun : d'abord calme, la pression monte, le chant principal nous crie toute sa peine avant, pour le final, de se perdre dans un puits de lamentations, soutenues par des violoncelles qui font froid dans le dos... AFI où le mal-être incarné.
On passe à autre chose avec The Great Disappointment. Là, AFI a mis les petits plats dans les grands : l'intro se fait longue, principalement à la guitare, dont on attend une explosion qui ne vient pas. La basse prend le relais pour jouer la mélodie principale, suivie par l'entrée de la batterie, tandis que les guitares poursuivent leurlente progression jusqu'à l'arrivée du chant. Viennent des arpèges magnifiques, sur fond de paroles d'une noirceur incroyable. Le morceau se fait plus puissant après le premier refrain. Le tout se termine de façon dantesque, inutile de vous en dire plus !
Paper Airplanes (makeshift wings)
, plus énervé, pourrait passer inaperçu s'il n'y avait pas ce refrain qui casse tout ! Du bon punk comme on en veut !
La suite se fait tout aussi plaisante avec This Celluloid Dream : structure improbable, refrains plus sombres que ce que laisse envisager le début de la chanson, break lourd qui casse le rythme, tout en étant plus violent... que du bonheur !
On explore les contrées jusque là inexplorées de l'acoustique avec l'excellente The Leaving Song Pt. I. Morceau certes reposant mais beaucoup moins gai que ce qu'il ne laisse paraître au premier abord.
...But Home Is Nowhere clôt l'album en beauté et de manière plus que surprenante. Intro en montée avant que les instruments ne fassent leur apparition les uns après les autres. C'est à la voix de créer la pression avant d'exloser sur un refrain tout en choeurs et en cris. Riffs qui cartonnent, basse impecable... AFI donnent le meilleur d'eux-même et ça se sent, surtout lorsqu'arrive le break, plus triste et violent que jamais. Le titre se clôture tel un opéra de cris, de choeurs et de cloches. Incroyable ! Et le mieux... c'est que ce n'est pas fini ! Des morceaux de pianos, de violons et des bribes de conversations s'enchaînent pendant cinq minutes avant que ne débute réellement le morceau caché, la ceraise sur le gâteau. Intro atmoshérique, on est bercé par le rythme de la guitare et la voix, plus triste que jamais. La batterie et la basse font leur apparition après le premier refrain, donnant plus d'ampleur à ce nouveau titre. Guitares et basse ne jouent pas la même chose, mais s'accordent à la perfection, ce qui fait la qualité des grands groupes. Le second refrain annonce l'arrivée de guitares saturées et d'une voix beaucoup moins calme qu'au début. Des murmures se font entendre lors du break, très atmosphérique, avant de recracher en puissance toute la tristesse du monde, puis le tout de s'éteindre aussi doucement qu'il n'a commencé.


Que les détracteurs de l'emo-core revoient leur jugement (compréhensible, au vu de groupes tels que My Chemical Romance, qui n'ont que vainement tenté de copié AFI) : AFI nous prouve avec cet album que le mélange agressivité/émotion n'est pas là que pour faire plaisir aux ados rebelles. Au bout de ces 56 minutes de musique, on finit claqué, abattu, mais heureux, heureux de sentir ce feu intérieur que nous a transmit le groupe...

Chronique réalisée par Silicate.


site officiel : http://www.afireinside.net/
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