Peut-on être Allemand et faire de la bonne musique sans que ça soit du métal ou de la techno ? La réponse est « oui », avec pour preuve ce petit bijou qu’est The Needles Way The Sun Slowly Disappears, livré par une formation très peu connue, Interstellar Pirates. Avec un nom comme celui-ci, on pourrait s’attendre à un
énième groupe d’électro-atmo, mais il n’en est rien.
L’album débute avec deux morceaux péchus qui
n’ont rein d’extraordinaire, nous rappelant vaguement ce qu’Incubus peut faire de plus banal… Première impression peu concluante. On rentre véritablement dans l’album avec Sore, le troisième titre : morceau énergétique sans être rapide, un break extraordinairement bien pensé… on oublie très vite la première impression laissée par les
deux titres précédents et on se laisse finalement prendre au jeu.
Suit une merveille, Evasive, qui débute sur des accents faussement sombres avant de nous livrer un pur rock, distillé de quelques grosses guitares et
accompagné d’un refrain tout bonnement excellent ! La fin nous laisse littéralement sur le cul… On en redemande !
Arrive la seconde perle, How to Leave (en écoute sur le lecteur). Changement de registre : là, on est dans une contrée sombre et froide, calme mais où le
tonnerre ainsi que les lamentations du chanteur se font parfois entendre… Le break et la longue outro qui s’ensuit nous clouent de plaisir, tellement tout s’accorde à la perfection !
Bitchy Peace Song nous réveille doucement après la claque qu’on vient de se prendre avec une intro électro pour se transformer lentement en un morceau bien rock dans le même esprit que
Sore.
On se repose à l’écoute de Secret : guitares calmes, puis puissantes, voix de fond aériennes,… un autre bijou qu’on aimerait sans fin…
Easy to Run nous rappellerait presque Mando Diao : un bon rock’n roll d’entant accommodé des ingrédients propres au groupe.
L’influence néo-métal (prit dans le bon sens du terme, c’est à dire aux débuts du néo, pas la daube qu’on nous sert aujourd’hui), déjà ressentie sur Evasive, prend toute son ampleur sur
Got That Feeling, le morceau le plus « bourrin » de l’album : tous les éléments nécessaires à un bon morceau néo sont ici… que demander de plus ?
On parle souvent de meilleur pour la fin… Psycho Love Street ne fait pas exception à la règle. Calme au départ, cette excellente love-song aux accents
plus que désespérés, devient progressivement plus puissante : l’explosion se fait en douceur et le tout, les instruments, la voix et les chœurs étant une nouvelle fois en parfait accord, reste
magnifique jusqu’à la fin.
Le CD s’arrête. Tout en rangeant tranquillement cette petite merveille entre Radiohead et Deftones, on se dit que la plupart de la populace de l’Hexagone ferait
mieux de revoir son jugement quant à leur vision de nos voisins du Nord-Est, et le rédacteur du présent article se prend à sourire en pensant qu’il a été privilégié de les voir jouer dans une
salle de 40 personnes… et que c’était encore meilleur !!!
Chronique réalisée par Silicate
Site officiel : http://www.interstellar-pirates.de/
1