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Mercredi 26 avril 2006
En quelques années, AqME s’est forgé une réputation non-négligeable au sein des meilleurs de la scène hexagonale. Et pour cause ! Livré en 2002, ce premier album a suffit à créer une identité et un son AqME à part entière… Triste, violent, mélancolique, vénéneux, malsain parfois, sombre dans tous les cas… ces 11 Sombres Efforts nous transportent dans les méandres de l’esprit torturé de Thomas (alias Koma), le chanteur. Mais loin de s’y perdre, on s’y retrouve parfaitement au contraire : les thèmes abordés sont personnels mais touchent tout le monde, chacun à sa manière.


Le premier titre, Superstar (en écoute sur le lecteur), annonce la couleur : la batterie lourde et la guitare nous confinent entre des murs de notes sales, oppressantes, mais tellement familières que l’on s’y complaît…
« Si » n’existe pas, le tube qui a fait la renommée du groupe, débarque ensuite avant d’enchaîner sur Le Rouge et Le Noir, véritable plainte contre le monde dans lequel nous vivons.
Tout à un détail près
est un peu la love-song de l’album… mais le groupe ne nous livre rien de mielleux : si la première partie semble gentillette, la seconde est d’une noirceur et d’une tristesse écrasante !
Suivent Instable, qui nous décrit le comportement lunatique du chanteur et Une Autre Ligne, un concentré de violence, avant que ne surgissent deux titres qui sont d’une certaine manière liés, me semble-t-il.
Tout d’abord Je Suis, avec ses guitares aériennes, où la dépression guette : maigre tentative de faire surface et de « voir enfin la lumière » avant de replonger encore plus bas et de toucher le fond…
Le fond, on l’atteint plus que de raison dans Fin, où le chanteur s’excuse de ce qu’il va faire : mettre fin à ses jours. La chanson, soutenue par une mélodie maladive, se termine de façon dantesque, aussi violente que sublime et vertigineuse !
Sainte décrit le sentiment paradoxal que l’on peut avoir en se conduisant comme un enfoiré tout en regrettant ses actes, tandis que In Memoriam traite du sujet plus commun qu’est la misère dans le monde, misère que l’on préfère ignorer pour pouvoir continuer à vivre tranquille…
Délicate & Saine
clôt superbement l’opus : calme au début, une mélodie légère accompagnant un chant clair avant que tout ne dérape… guitare et basse plus lourde que jamais, cris de douleur, de rage… tous les démons du quartet sont matérialisés dans ces dernières minutes…


Le dernier cri s’éteint lentement… les yeux écarquillés, on sort un mouchoir pour s’essuyer les gouttes qui nous perlent sur le front… on s’allume une clope d’une main tremblante… et on reprend peu à peu nos esprits de la claque monumentale qu’on vient de se prendre. Puis, sans un bruit, on appuie de nouveau sur play, un sourire narquois aux lèvres… ou bien un flingue à la main !


Chronique réalisée par Silicate



Site officiel : http://www.aqme.com/
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