For fans of Radiohead, Thursday, Muse, Thrice,… annonce l’étiquette collée sur le plastique entourant le CD. On pense tout de suite à un
énième clone pseudo-emo. Et pourtant… Les influences précédemment citées, Curtiss les a bien digérées mais ne les régurgite pas bêtement sous format copier/coller. Il y a véritablement une
identité Curtiss à part entière dans ces 11 morceaux constituant Simplicity, titre à prendre avec des pincettes. Car bien que la musique ne révolutionne
rien en soi, les atmosphères mélancoliques et torturées émanant de ce premier opus nous évoquent un monde tout sauf simple, un monde où la beauté cotoit la douleur, où la violence danse avec les
regrets.
Le CD commence en force avec Stimulus qui donne un aperçu général de l’album : émotion et puissance se mêlent avec allégresse. Côté voix, on pense d’abord
au groupe suédois Kent, puis à Muse, puis on se dit qu’il ne vaut mieux pas chercher de comparaison.
Clockwise fait plus dans les ruptures de rythmes avec des passages presque joyeux laissant place à des sommets d’agressivité. Un morceau à part tellement les influences y sont
diverses.
Evergreen, morceau avec lequel j’ai connu le groupe, commence tout en douceur, entrecoupé de refrains mélancoliques pour finir en une avalanche de
guitares et de tristesse.
List rappelle clairement Muse ou Radiohead, aussi bien de par sa structure que par que par ses envolées lyriques.
Before the End séduit par son émotion pour enchaîner avec un rythme un peu trop gai par rapport au début de la chanson.
City of Steel est peut-être le morceau se rapprochant de groupes emo-core tels que Thrice : couplet rock et refrains énervés en font un morceau assez simple mais efficace.
L’influence Radiohead se fait nettement sentir avec Aria : le début se fait en douceur avec seulement la voix et la guitare acoustique, progressivement
suivies des entrées discrètes des autres instruments, les uns après les autres. Ca se termine en apothéose avant d’enchaîner sans coupure sur and Justice for
all, monstre concentré de rage expulsée avec talent.
On arrive ensuite au meilleur. One of these Days, le premier morceau du trio clôturant l’album, fait la part belle à une basse tout droit sorti d’Interpol
dans un morceau tout en vains espoirs.
On se prend à frémir sur Change, tant la voix alternant cris et envolées lyriques et les guitares aériennes se mêlent superbement à une rythmique
implacable.
L’album se termine avec Stay, morceau qui nous prouve définitivement, par sa perfection, sa tristesse et sa rage douloureuse, que Curtiss a bien des
chances de devenir l’un des groupes phares de sa génération. En tous les cas, unique !
Chronique réalisée par Silicate
Site officiel : http://www.curtissmusic.com/
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