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Mercredi 5 septembre 2007
Saosin est un groupe à l'histoire tortueuse... Fondée en 2003, cette formation californienne a écumé les petites salles du Nouveau-Continent en déversant un emo-core puissant et lyrique, se taillant ainsi une réputation d'innovateur en la matière. Mais voilà qu'en 2004, leur chanteur Anthony Green, dont la voix magiquement féminine est pour beaucoup au succès du groupe, quitte ses premières amours pour se consacrer intégralement à son second groupe, Circa Survive. Le quintet se retrouve ainsi quartet et bien handicapé puisque décapité. Pour moi, le groupe était mort.
Pourtant, 4 mois plus tard, Cove Reber intègre le groupe pour remplacer le chanteur d'origine. Mais seulement voilà : n'est pas Anthony Green qui veut...
Lorsque j'ai découvert l'an dernier que le groupe sortait un album sans son chanteur magique, une question d'une simplicité évidente s'imposa sur le champ : cet album ne risquerait-il pas de n'être qu'une caricature de ce qu'ils avaient pu faire avant, ou bien le groupe réussirait-il malgrès tout à tirer son épingle du jeu ? Un sixième sens me faisait pencher pour la première solution mais la curiosité étant telle, je m'empressais tout de même d'acquérir l'objet sacrilège...

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Première impression concernant l'instrumental : plus que favorable ! L'intro de It's Far Better To Learn est tout en guitares rapides mais mélodiques, la rythmique puissante mais originale... parfait ! Mais voilà que la voix arrive... et là, c'est un massacre ! Une voix sans aucune once de finesse, tout juste bonne à chanter du néo-métal de bas-étage, débarque et ruine mes espoirs à néant !!! La musique en elle-même devient d'ailleurs assez naze. Je finis d'écouter ce titre, une boule au ventre, en attendant le morceau suivant.
Instrumentalement, toujours rien à redire, Sleepers nous comble dès le début, mais j'attend avec angoisse l'arrivée vocalique... et là, le choc ! Putain mais c'est pas la même voix que tout à l'heure ou quoi ?! Si, mais le nouveau chanteur se lache un peu plus et nous surprend par un registre lyrique bien plus vaste que sur l'horreur de morceau précédent. Rajoutez à celà une batterie incroyable, des ruptures de rythmes classiques mais bien trouvées, des riffs mélodiques hallucinants et vous comprendrez comment un sourire béat et con s'est affiché sur mon visage !
Les refrains et le break de It's So Simple nous conforte dans l'idée que Saosin est de retour comme à la grande époque tandis que Voices, single de l'album (clip visionnable en bas de page), nous scotch littéralement sur place. Les riffs sont dingues et la batterie surpuissante. Si la voix peut sembler gentillette au premier abord, ça n'est que pour mieux tromper l'ennemi...
Cette merveille s'enchaîne sur Finding Home, à la mélodie faussement naïve, qui achève de nous plonger véritablement dans l'album.

A ce stade de l'écoute, les premières impressions s'imposent. Bien entendu, un constat sur la voix est inévitable : Cove Reber n'arrive pas à la cheville d'Anthony Green. Ce dernier est tout bonnement irremplaçable. De plus, ce "remplaçant" ne nous grattifie d'aucun des cris deftoniens dont nous faisait part son prédécesseur. A ce titre Davey Havoc d'AFI se démerde bien mieux... Mais tout de même, c'est franchement pas la moitié d'une merde ! Le mec est quand même très bon ! A ce moment, on se dit qu'il ne faut juste plus penser à "l'ancien Saosin" et apprécier celui-ci...
Autre constat : la puissance des titres doit tout à la batterie. Rarement un batteur nous aura autant offert de roulements et de beats aussi bien trouvés, spécialement dans un groupe comme celui-ci.
Mais l'album n'est pas terminé, continuons...

Une fois plongé dans l'album, les morceaux s'enchainent, toujours plus ou moins dans la même verve, également plus ou moins bons... les deux titres finaux, Bury Your Head et Some Sense Of Security forment un final assez énorme, tant en puissance qu'en originalité. La basse reprend d'ailleurs ses droits de façon peu commune et la batterie nous scotche une fois de plus à notre siège tandis que Cove Reber s'essaye à quelques exercices lyriques pas piqués des vers !


Le disque s'achève sur quelques notes de pianos et une voix s'éteignant en un écho. Cette première écoute achevée, les impressions finales prennent formes. Nul doute que nous n'avons sans doute pas à faire à la révélation du siècle en matière de rock. Par contre, concernant l'emo-core, là c'est une autre histoire. Loin des merdes commerciales comme My Chemical Romance et Cie, Saosin s'est crée son propre emo-core tout comme AFI (on y revient une fois de plus...) a su le faire. Si le groupe n'est pas tant connu que ça et que l'on en parle pas ou peu dans  la presse musicale de grande distribution (laquelle prône MCR, Linkin Park ou encore Tokyo Hotel) c'est bien pour quelque chose...




Chronique réalisée par Silicate. saosin-cover-small.jpg






Visionnez le clip de Voices :




Site officiel : http://www.saosin.com/



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